Entre environ 2 millions d’années et 10’000 ans avant nos jours, à maintes reprises, la région ne fut qu’un vaste inlandsis au sein duquel perçaient çà et là des sommets rocheux isolés, tels des nunataks. Quand toute cette glace a disparu, elle a laissé des vestiges : des blocs erratiques, des paysages aux modelés particuliers, des moraines...
Le Salève est jonché de blocs erratiques provenant essentiellement de la région du Mont-Blanc. Malgré la protection qui aurait du être assurée par la lettre F gravée sur l’une des faces, beaucoup d’entre eux ont été débités pour les soubassements de chalets, les marches d’escaliers, les encadrements de fenêtres, etc. ou exploités pour la construction du chemin de fer d’Annecy à Thonon et à Fort de l’Ecluse entre 1877 et 1879.
En 1826, on signalait au Petit Salève plus de 1200 blocs erratiques, les plus grands atteignant 15 m de longueur. Aujourd’hui, on n’en compte plus que 400, la dimension minimale retenue étant de 80 cm.
La Pierre à Tasson, un bloc de granite de 12,23 m de long, 8,37 m de large et 3,80 m de haut.
Textes : Jean Charollais (Université de Genève) et Danielle Decrouez (Muséum de Genève)